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Fabien Boudier, sauvé pendant le Marathon de Paris

« J’ai été secouru par un inconnu »

Fabien Boudier
Fabien Boudier, sauvé pendant le Marathon de Paris
En 2007, en plein Marathon de Paris, Fabien Boudier -sportif accompli de 47 ans- s'assied sur le trottoir : il fait un arrêt cardio-respiratoire.

«  10h15, le 15 avril 2007
Ça m'est arrivé en faisant le marathon de Paris l'année dernière pour lequel je m'étais préparé physiquement. A 10h15, boulevard Saint-Antoine au bout de 7/8km de course, je me souviens vaguement m'être assis sur le trottoir puis plus rien. Je ne me souviens pas de la douleur de l'arrêt cardiaque, je ne sais pas à quoi ça correspond même si on a tenté de me l'expliquer.
Nous avons dû nous informer et faire des recherches auprès des services de secours qui m'ont pris en charge pour connaître le déroulement des événements. Un anonyme m'a sauvé la vie en pratiquant quasi-instantanément un massage cardiaque. Au bout de 5 minutes, les secours sont arrivés et ont pris le relais pour le massage. Au bout de 10 minutes, j'ai été défibrillé : mon coeur s'est arrêté puis est reparti. J'ai été ensuite transporté à l'hôpital : j'ai fait un léger coma mais je me suis rapidement réveillé dans l'après-midi. La prise en charge médicale a ensuite été idéale et je me suis très bien remis de cet arrêt cardiaque. Aucune séquelle à part un trou noir d'un peu plus de 24h dans ma mémoire.
Avec ma femme, nous avons recherché par la suite qui pouvait être la personne qui m'a secouru mais nous ne l'avons pas retrouvée. Nous aurions bien aimé pouvoir la rencontrer pour la remercier. J'espère qu'elle sait qu'elle m'a sauvé la vie.

La vie continue !
J'ai toujours été sportif et ait mené une vie relativement saine, à part quelques cigarettes - j'ai arrêté depuis - et pas mal de stress dû notamment à ma vie professionnelle. Je ne pensais pas que quelque chose comme ça pouvait m'arriver... Aujourd'hui, c'est un peu comme si j'avais 1 an. Je suis toujours sous traitement médical mais je revis normalement et peux même refaire du sport. Mais j'ai une grosse appréhension à courir de nouveau donc je préfère des sports moins intensifs. Je fais du vélo ou du roller avec mon épouse, mon "ange gardien".

Certains pensent que c'est extraordinaire d'être ressuscité, moi je trouve que ça devrait être normal
C'est super les trois petits pictos [ndlr : appeler, masser, défibriller]. Ça montre à tout le monde que c'est simple de sauver une vie. Je trouve que les gens ne prennent pas assez conscience du fait qu'ils peuvent faire cela. Avec une simple formation ou en étant un minimum attentif à la campagne de la Fédération Française de Cardiologie et aux informations disponibles sur le sujet, ils peuvent changer bien des vies - et pas seulement celle des victimes mais aussi celle de leur entourage.

En France, l'état d'esprit doit changer
La sensibilisation auprès du grand public devrait rentrer dans le cadre d'un service public. On devrait montrer des gens comme moi raconter leur histoire puis voir leur famille pour toucher les gens et leur faire comprendre que ça peut arriver à n'importe qui et ce que tout cela implique. Les formations devraient être gratuites et obligatoires dans les entreprises et les collectivités... C'est incroyable le nombre de vies que l'on pourrait sauver avec moins d'indifférence. »


Arret cardiaque : appeler, masser, défibriller. 1 vie = 3 gestes. en 1h30, apprenez à sauvez une vie. Fédération Française de Cardiologie.
i et e Consultant
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